Note de service N°2

Eh bien voilà, il suffisait que j’en parle pour que la connexion revienne. Déjà en janvier, j’avais constaté le même phénomène.

J’ai pu mettre de l’ordre dans tous mes mails (je ne vous dis pas combien) et regarder quelques belles médailles françaises. J’ai quand même eu également assez de discipline pour poursuivre un peu mes travaux.

Tout baigne ! 😉

That’s all, Folks !

J – 16

Le titre pour le nombre de jours restant avant la mise en ligne d’un max de fanfics… Et vous, vous écrivez ?

Moi, je viens d’envoyer à ma super-relectrice extraordinaire ma FF SiP enfin finie. J’étais un peu étonnée d’arriver à m’y mettre cet après-midi car je dois avouer que cette semaine aura été particulièrement dure. Tout ça parce que j’ai participé à la Gay Pride Marche des Fiertés samedi dernier.  Je l’ai fait d’un bout à l’autre (et j’étais contente… de moi, de la journée, de la passer avec des amies que je n’avais pas vues depuis quelques temps).

Lire la suite « J – 16 »

Leçon de vocabulaire

Je ne résiste pas à la tentation de vous mettre ce petit article lu dans Le Monde d’aujourd’hui.

Je ne vais pas polémiquer sur le sujet.

Ce qui me fait mourir de rire par contre, c’est la « pruderie » des anglo-saxons (surtout américains) qui montrent de la violence sans la moindre censure (que ce soit aux infos et dans leurs films et autres émission de télé-réalité), mais qui s’émeuvent d’un « gros mot » ou d’une allusion sexuelle.

L’altercation a rapidement fait le tour de la planète. « Sarkozy’s YouTube moment », titre ainsi The Globe and Mail. Mais le quotidien canadien souligne, par ailleurs, la perplexité des internautes pour traduire la réplique présidentielle.

Sur Yahoo ! Answers, la question est ouverte : « What does : « casse-toi pauvre con » mean in english ? » Vaste chantier. Chacun y va de sa proposition : « Piss off, poor idiot » (piss off, dégage, mais en vraiment vulgaire), « Get lost, asshole » (asshole, littéralement trouduc, mais bonne traduction de con). Les variations sont infinies. Certains, choqués, refusent de traduire les subtilités de langage du président et proposent : « *****, you ***** ! »

Même embarras dans les médias anglo-saxons. Pour l’International Herald Tribune, c’est : « Then get lost, you poor jerk ! » (« Dégage, pauvre idiot »). A la BBC, on préfère : « Get lost then you bloody idiot, just get lost ! » (bloody, littéralement : saignant. Ici : foutu). Le fil de l’AFP en anglais : « Get lost, you stupid bastard ! »

C’est bien plus chantant en italien : « Vai via, vai via, allora, povero coglione » (« Va t’en, va t’en, alors, pauvre con »), version de La Stampa. Chez les hispanophones, on balance entre le « Rajá, pobre pelotudo » (« Taille-toi, pauvre con ») du journal argentin Clarin et le « ¡ Lárgate, pobre imbecil ! » (Largate, tire-toi) du quotidien espagnol El Pais. Pour les Allemands, on a le choix entre la version de Die Welt, « Dann hau doch ab, Du armseliger Dummkopf » (« Alors tire-toi, misérable crétin ! »), celle du Spiegel, « Dann hau’doch ab, du Idiot », ou encore celle du Tagesspiegel, « Dann hau doch ab, du Blödmann » (Blödmann, connard).

En polonais, il y a un précédent, c’est « Spieprzaj dziadu ! ». Qui équivaut bien à : « Casse-toi, pauvre con ! » C’est la phrase lancée le 4 novembre 2002 par Lech Kaczynski, alors maire de Varsovie, à un quidam qui l’interpellait dans la rue. Un site, www.spieprzajdziadu.pl, a été créé, des tee-shirts ont été fabriqués et des milliers de gens ont porté un bracelet en plastique marqué du désormais célèbre « Spieprzaj dziadu ».
Eric Azan

Par ailleurs, j’ai été taguée par BigK et je dois répondre au tag même si on ne m’en voudrait pas de ne pas le faire 😉
Les règles du jeu :

  • Mettre le lien de la personne qui vous a taguée.
  • Mettre le règlement sur votre blog. Mentionner 6 choses / habitudes / tics importants sur vous-même.
  • Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en mettant leur lien.
  • Avertir les personnes taguées.

Ok… six trucs/tics/habitudes sur moi-même…

  • J’ai toujours eu un faible pour les armes blanches (couteaux, dagues, lames, épées en tous genres). A mon petit niveau, ça se traduit par un Opinel à virole N°7 sur mon bureau avec lequel je joue, lame rentrée ou sortie suivant l’humeur. Au boulot, pour passer « inaperçue », je reporte mon fétichisme sur un bête coupe-papier modèle « scalpel ».
  • Le rituel de mon lever, le matin est assez précis. S’il n’est pas suivi, je suis de mauvaise humeur pour une partie de la matinée (sinon plus longtemps). Je me lève, j’allume mon ordi, je vais préparer mon petit dèj’ tout en faisant chauffer des légumes qui rentreront dans la composition de ma gamelle du midi, je vais manger mes tartines devant mon ordi, je fais le puzzle du jour, je bois mon thé, je me douche, je m’habille, je finis de préparer ma gamelle et je pars bosser.
  • J’ai horreur des livres aux pages cornées (à la place de l’usage d’une marque), au dos cassé (parce que laissés ouverts retournés) et aux pages annotées ou aux paragraphes soulignés. Que le livre ait des marques de « vécu » par contre, c’est normal. Pages jaunies d’un livres déjà ancien, pages qui se décollent d’un livre lu très souvent, présence d’une fleur séchée ou d’un drôle de papier qui a servi de marque-page…
  • Quand je marche dans la rue sur un trottoir formé de grandes dalles de pierre, j’essaie de ne pas marcher sur les lignes.
  • Plus jeune, je comptais les affiches de pub placées dans les tunnels du métro (entre les stations). Il m’arrive encore de regarder alors que cela fait longtemps qu’il n’y a plus de pub’ dans les tunnels.
  • Je découpe des articles de journaux et je les glisse dans des livres/étui de CD/DVD (parce qu’il y a un lien entre ledit article et le livre ou le film ou l’album/artiste). Mais j’ai appris il y a peu que ça agace ma famille (à peu près les seules personnes à qui je prête des livres/films…). Je n’ai pas l’intention pour autant de changer d’habitude… au mieux, j’essaie de penser à retirer l’article et je le replace quand je récupère le livre.

Je ne pensais pas arriver au bout de six trucs/habitudes… c’est fait finalement.

Je ne fréquente pas beaucoup de blogs perso alors je ne vois pas qui je pourrais taguer. Si des lecteurs de passage ont envie de s’y coller, laissez l’adresse de votre blog en commentaire 🙂

That’s all, Folks !

Un peu d’humour dans ce monde de brutes

Deuxième billet du jour pour montrer que je ne suis pas entièrement désespérée. la preuve que les miracles sont possibles : Culture Pub est de retour et c’est sur le net que ça se passe. Une émission tous les lundis et des centaines de spots du monde entier à voir (prévoir du temps car quand on commence à visionner un spot, on risque de ne plus pouvoir s’arrêter) :

CulturePub

Si ce n’est pas une bonne nouvelle ! (J’ai tendance à en parler partout)

That’s all, Folks !

Blog Day – Fête du Blog

Je viens de voir qu’aujourd’hui était la journée mondiale du blog et qu’il fallait parler de cinq blogs qui ne soient pas très connus, car selon les stats, les internautes vont toujours sur les mêmes blogs, très médiatiques.

Je vais obligatoirement reparler de certains que j’ai déjà cités, mais je vais essayer d’en présenter d’autres.

  • Un blog américain parlant de basket féminin : Women’s Hoops Blog
  • Un autre blog américain parlant de sport féminin en général : Women’s Sports Blog
  • Le blog juridique et judiciare de Maître Eolas (bien utile quand il faut décortiquer certains faits d’actualités surtout quand ils sont relatés par la Presse… et particulièrement en ce moment)
  • Un blog/portail consacré à la SF à la TV et au cinéma (toujours en anglais) : SyFy Portal
  • Everland, le blog d’un instituteur/dessinateur de BD
  • Dykes to Watch Out For : le Blog d’Alison Bechdel (Dessinatrice de BD)
  • Strange Maps : un site collectionnant des cartes étranges comme son nom l’indique
  • Radical Dreamer, Blog d’une chinoise timbrée à tendances polymorphistes paumée dans un monde psychédélique (en français comme son nom ne l’indique pas), j’aime les dessins, les réflexions…
  • Kaktus au Pays des Marmottes : parce que…
  • Gastronomades, un blog culinaire

Heureusement qu’il ne fallait en mettre que cinq… Sinon, désolée pour les blogs en anglais pour les non-anglophones, mais ils font tous partie de mes listes et je les lis sans trop me soucier en quelle langue ils sont. Il y en a encore plein que je visite régulièrement et dont j’ai parfois déjà parlé.

Alors, si vous me lisez et que vous tenez un blog, à vous de faire !

That’s all, Folks !

News Flash News

Bonjour,

Un mot rapide pour vous dire où j’en suis. Je joue toujours à cache-cache avec les maux de tête (et je suis souvent perdante à ce jeu !). Ma jambe semble aller un peu mieux après une semaine (15 août oblige) sans kiné. Faudrait-il que je suspende les séances jusqu’à ce que ça passe totalement ? Et sinon, j’ai vu ma rhumato la semaine dernière avant son départ en congés qui m’arrête à nouveau jusqu’à la mi-septembre. Ce qui signifie que ma reprise au ralenti au 1er septembre est annulée. Entre la rééduc de la hanche qui ne se fait plus à 100 % et la douleur liée à la compression musculaire qui ne passe pas, ça fait deux points de fragilité sur une articulation qui ne supporterait donc pas un retour à un rythme « normal ».

Enfin, ce qui fera sans doute le plus plaisir à une majorité d’entre vous, je recommence à écrire, d’abord pour Fanfics-Revues, puis pour le chapitre manquant du Projet 12. Peut-être aurai-je bientôt quelque chose à vous soumettre.

Sinon, j’ai lu le dernier Harry Potter et j’ai bien aimé, y compris l’épilogue. Je me dis maintenant qu’il faudrait que je relise tout en ayant la fin en tête. Vais-je attendre le retour de mon frère de ses vacances pour lui réemprunter ses HP en anglais (qu’il m’avait passés cet hiver quand j’étais à l’hosto) ? Vais-je emprunter ceux de ma mère en français (qu’elle s’est décidée à acheter d’occasion sur un célèbre site de vente en ligne après m’avoir vu dévorer lesdits ouvrages) – mais elle est en train de les relire ? Vais-je tout bonnement me décider à acheter les 6 premiers volumes – mais je fais quand même très attention à mes dépenses ? On verra…

Enfin, un peu de lecture, si vous ne l’avez pas déjà lu dans votre feuille de chou (électronique ou papier) habituelle :

Ces entreprises et organismes qui modifient Wikipédia dans leur intérêt
LEMONDE.FR | 16.08.07

© Le Monde.fr

C’est en apprenant que des élus du Congrès ou leurs collaborateurs avaient eux-mêmes écrit leur notice biographique sur l’encyclopédie libre Wikipédia que Virgil Griffith, un étudiant américain – qui avait déjà révélé les failles de différents systèmes informatiques –, s’est attelé l’an dernier à créer le WikiScanner, mis en ligne lundi 13 août. Ce logiciel, qui croise différentes bases de données, permet à tout internaute de trouver à quels organismes ou entreprises appartiennent les adresses IP des ordinateurs d’où ont été modifiées anonymement des notes de l’encyclopédie libre. Et, en comparant ainsi deux versions d’une notule, de constater qu’un utilisateur du réseau informatique d’une entité a modifié ou supprimé des passages qui le gênaient.

Les exemples sont légion. Le magazine américain Wired évoque notamment la disparition, le 17 novembre 2005, de plusieurs paragraphes critiquant la fiabilité des machines à voter Diebold et les liens entre son dirigeant et George W. Bush. Une suppression qui, selon le WikiScanner, émane d’adresses IP utilisées par les bureaux de la firme Diebold elle-même. La chaîne de supermarchés Wal-Mart a pour sa part remplacé une phrase sur ses salaires : le premier texte les disait plus bas que ceux du reste de la grande distribution… le nouveau les qualifiait de deux fois plus élevés que le salaire minimum.

CIA, NSA, FBI

Du côté des autorités, des modifications ont été effectuées depuis des adresses IP de la CIA, mais elles sont plutôt marginales selon Wired. Plutôt que de tenter de relever lui-même toutes les modifications « honteuses », le site a sollicité ses visiteurs, qui soumettent des cas et désignent ceux qui leur paraissent les plus ou les moins scandaleux. On y lit ainsi qu’une personne se connectant du réseau de la NSA (Agence de sécurité américaine) a supprimé, dans la note sur « l’extraction d’information », un lien qu’elle jugeait « non pertinent » vers le réseau Echelon, système de la NSA qui permet d’intercepter les communications ; que le FBI a supprimé des vues aériennes de la prison de Guantanamo ; qu’un membre du réseau informatique du gouvernement israélien a tenté de supprimer toute la note concernant le « mur » construit pour séparer l’Etat hébreu de la Cisjordanie.

On apprend aussi, entre autres modifications classées très haut par les internautes, que les références à la catastrophe de l’usine de pesticides de Bhopal et de l’agent orange ont été supprimées depuis le réseau du fabricant de produits chimiques Dow Chemical. Ou encore qu’un membre du Parti républicain a remplacé « armée d’occupation » par « armée de libération » pour évoquer la coalition emmenée par les Etats-Unis en Irak. Les scientologues, eux, œuvrent à supprimer toute critique à leur encontre. On découvre également qu’une phrase affirmant que le système de Microsoft MSN Search est « un rival majeur de Google » émane justement de l’agence chargée des relations publiques de Microsoft.

 

Claire Ané

Ca me fait penser à un article lu il y a quelques mois, que je ne crois pas avoir mis en ligne, parlant d’un consultant dont les services avaient été achetés par Microsoft pour que celui-ci rédige une note (sur je ne sait plus quel sujet) qui devait être favorable à l’entreprise du P’tit Billou.

Il faudra encore que je fasse un résumé géant de la saison WNBA qui s’achève cette nuit et alors que l’on ne connaît toujours pas le quatrième participant des playoffs pour la conférence Est.

Bon Dimanche !

That’s all, Folks !

Est-ce cela qui nous attend ?

Enfin… pas moi, mais d’une façon générale… (bien que pour les lecteurs d’une certaine SF, cet article ne semble pas d’une grande nouveauté, mais quand la réalité rejoint la fiction…)

Le Japon, l’île des enfants perdus
LE MONDE | 09.08.07

© Le Monde.fr

Souvent d’un confort feutré avec leurs spacieuses bibliothèques de mangas et de DVD, leurs box au fauteuil moelleux séparés par de minces cloisons à mi-hauteur et leurs distributeurs de boissons, sandwichs ou bols de nouilles instantanées, les cafés Internet qui fonctionnent 24 heures sur 24 sont les nouveaux repaires des jeunes Japonais.

La plupart viennent pour surfer sur le Web, d’autres pour tuer le temps, regarder la télévision ou se reposer dans la pénombre d’un lieu confortable, loin du brouhaha des rues des quartiers animés. Certains en ont fait leur tanière. Ce sont les « réfugiés du Net » : des jeunes de 20 à 30 ans qui naviguent d’un petit boulot à l’autre et ne gagnent pas assez pour se payer un logement ou une chambre d’hôtel. Dans les cafés Internet, ils peuvent passer six heures pour 1 500 yens (9 euros) ou moins dans les quartiers périphériques. La plupart des grands établissements disposent d’une centaine de box.

Minuit passé. Devant la machine à boissons chaudes, il attend que son gobelet se remplisse. La trentaine, jeans et tee-shirt bleu, les cheveux en broussaille. « Cool » comme des milliers de ses congénères croisés auparavant dans les rues du quartier branché de Shibuya à Tokyo. « Vous, vous cherchez un nouveau pauvre ?, dit-il, avec un sourire amer. Bingo ! Vous l’avez. Trente ans, une vingtaine de boulots sans lendemain. Depuis trois mois, je vis ici avec un petit sac et des sous-vêtements jetables. Je suis un « one call worker » : enregistré auprès d’une agence de placement qui m’appelle sur mon portable quand il y a un boulot. Dans les 1 000 yens de l’heure. Je dépense 1 500 yens pour ma nuit. Je mange dans des McDo. Humiliant, non ? Le gouvernement parle de « seconde chance » pour les perdants comme moi, poursuit le jeune homme. Mais y en a marre : on ne quémande pas une chance, un coup de bol. On veut une vie décente, c’est tout. Mon nom ? Je suis personne dans cette société. » Dans le gobelet, le café refroidit. Il le prend, puis, sur un « Salut ! », part vers son box.

Les cafés Internet offrent un condensé de la société japonaise contemporaine : prospère, lisse et efficace en surface, mais parcourue d’ondes souterraines dénotant malaise et dysfonctionnements. Dans les cafés Internet les plus modernes, ceux des quartiers animés, l’accueil est digne d’un hôtel. Atmosphère feutrée et services multiples. Fondus parmi les clients – car rien dans leur apparence ne les distingue vraiment – se nichent les jeunes paumés.

Après une décennie de récession, la machine productive nippone est repartie, mais elle laisse sur le carreau nombre de jeunes. Ce sont des « freeters » (mot composé de l’anglais free et de l’allemand arbeiter, désignant ici ceux qui font des petits boulots, c’est-à-dire des jeunes en situation précaire). Ayant grandi dans le Japon de la « bulle financière » de la fin des années 1980, ils sont arrivés sur le marché du travail à la fin de la « période glaciaire » de la récession, quand les entreprises soucieuses de réduire les coûts ont sabré dans l’emploi permanent pour privilégier le travail temporaire. Ils forment ce que le quotidien Asahi a baptisé la « génération perdue ».

Le gouvernement estime à 1,8 million le nombre des freeters, filles et garçons. Si, au début de la décennie, on a pu voir en eux l’expression des valeurs individualistes d’une génération plus orientée vers des satisfactions personnelles que ses parents dévoués à l’ entreprise, beaucoup ont découvert que leur situation est moins synonyme de liberté que de précarité.

Aux largués de la reprise, freeters et jeunes désargentés arrivés de la campagne qui n’ont pas de quoi payer un loyer et encore moins les trois mois d’avance pour obtenir un logement s’ajoutent ceux que des sociologues anglais ont baptisés « neet » (Not in Education, Employment or Training). Ils ne sont pas étudiants ni en formation : ils dérivent. D’entrée de jeu, ils ont baissé les bras. Pour la plupart, ce sont des adolescents introvertis qui refusaient d’aller à l’école (phénomène préoccupant dans l’Archipel depuis une décennie). Adultes, ils restent refermés sur eux-mêmes. Ils seraient 800 000.

Les neet sont un symptôme du malaise d’une société devenue férocement compétitive, qui condamne leur inadaptation, la mettant au compte de la fainéantise. Un message qu’ils reçoivent comme une négation de leur droit à l’existence. Les neet forment une bonne partie des jeunes qui se suicident. Comme eux, beaucoup de freeters ont le sentiment d’être pris dans une nasse.

Les quelque deux mille cafés Internet que compte le Japon sont moins chers qu’un sauna ouvert toute la nuit ou que les « hôtels capsules », aux couchettes superposées comme dans un wagon-lit. Et les boissons sont gratuites. La nuit, les plus grands sont pleins.

Outre la faune des habitués (10 % selon les employés), qui viennent pour quelques semaines, voire quelques mois, on y côtoie des salariés qui ont raté le dernier train. Ils ronflent les pieds sur la tablette de l’ordinateur dans les fauteuils inclinables des petits box de 2 m2, où l’on se déchausse avant d’entrer. Çà et là, dans les compartiments à deux, des couples profitent de la pénombre complice pour se caresser discrètement. Certains sont des lycéens qui ont raconté à leurs parents qu’ils dormaient chez un copain ou une copine. Devant d’autres box sont posées des chaussures à talons hauts : des filles de la nuit (hôtesses de bar et autres) qui attendent les premiers métros. Au petit matin, tout ce petit monde s’ébroue vers les douches de l’établissement. Certains ont même une salle de sport.

Les réfugiés du Net sont l’une des facettes de la nouvelle pauvreté nippone, fille d’une inégalité croissance entre ceux qui ont un travail fixe et les autres. Une disparité qui passe désormais par un clivage entre générations.

 

Philippe Pons

 

Lu également un article sur Dubaï : le « hub » de la mondialisation heureuse

Un triste jour si c’est confirmé

Le dauphin blanc du Yangtsé se serait éteint
LEMONDE.FR | 08.08.07

© Le Monde.fr

Pendant six semaines, ils n’en ont pas aperçu un seul. Venus de Chine, du Japon, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, des experts ont écumé les eaux du Yangtsé, le grand fleuve chinois, sans rencontrer un seul « baiji », le nom chinois du dauphin blanc de rivière. « Ces résultats signifient » que cette espèce « s’est probablement éteinte », a indiqué Wang Ding, de l’Académie des sciences chinoise, qui a dirigé l’expédition, menée en décembre et dont les conclusions ont été rendues publiques mercredi 8 août.

« Une partie de l’âme chinoise s’en est allée », titre le quotidien britannique The Independent, qui souligne l’importance du cétacé en Chine, où il est surnommé « la divinité du Yangtsé », dont il habite les eaux depuis 20 millions d’années.
Quelque 5 000 dauphins auraient vécu dans les eaux du Yangtsé il y a moins d’un siècle, selon le site baiji.org, fondé par des associations de différents pays qui se consacrent aux espèces menacées. Une expédition conduite en 1997 n’avait permis de repérer que 13 individus. Victime d’une pollution dévastatrice, de la pêche illégale et du trafic fluvial, le baiji est la première espèce de cétacé à subir les conséquences de l’industrialisation en s’éteignant.

Qi, un baiji de l’aquarium de Wuhan, mort en 2002 à l’âge de 22 ans. (AFP)

Un article passionnant

A lire :

Les chiffres comme langage
LE MONDE | 04.08.07

© Le Monde.fr

Il y a du Rimbaud chez Daniel Tammet. Comme le poète halluciné de Voyelles – A noir, E blanc, I rouge -, ce jeune Anglais accouple lettres et couleurs. Mais sa vision est infiniment plus riche. A chaque chiffre, chaque lettre, chaque mot, il associe une couleur, une forme, une texture. Et souvent un son ou une sensation.

Les chiffres, ses amis, dansent dans sa tête. 1 brille d’un blanc éclatant, 2 se balance lentement, 3 s’étale, grassouillet, 5 résonne comme les vagues contre les rochers, 9 se dresse très haut, bleu et intimidant. Les nombres ont un grain, dur, doux, sombre ou lumineux. 37 a l’apparence grumeleuse du porridge et 89 évoque la neige qui tombe.

Daniel Tammet, 28 ans, est un autiste « savant ». Il cumule deux maladies presque jamais réunies : le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme assez légère ; la synesthésie, un trouble entraînant un chevauchement des sens. Comme tous les autistes, mais moins que la plupart d’entre eux, Daniel a souffert d’une grave difficulté à communiquer, aujourd’hui largement surmontée.

Et comme les 50 autres autistes « savants » recensés dans le monde, il possède des dons intellectuels inouïs. Il est le seul capable de décrire en détail son univers cérébral. « J’ai de la chance », constate-t-il en nous servant le thé dans la cuisine du pavillon qu’il partage avec Neil, son compagnon, un ingénieur informaticien, à Herne Bay, une petite localité balnéaire dans le sud-est de l’Angleterre.

Daniel vit avec les nombres depuis sa tendre enfance. Ils furent le premier langage de ses émotions. Son obsession des calculs est née d’une crise d’épilepsie qui l’a frappé à l’âge de 4 ans. Les nombres devinrent alors son réconfort : « Ils me calment et me rassurent. Enfant, mon esprit se promenait en paix dans ce paysage numérique où il n’y avait ni tristesse ni douleur. »

On a dit de Daniel qu’il est un « homme-ordinateur ». Pourtant, il ne « calcule » pas. Lorsqu’il multiplie deux nombres, il trouve la solution sans effort conscient : « Je vois le premier nombre à gauche, le second à droite, et une troisième forme apparaît. C’est le résultat. Je me contente de lire cette image mentale. Je n’ai pas besoin de réfléchir. » Il lui suffit de 28 secondes pour trouver le quotient de deux nombres, accompagné de 32 chiffres après la virgule. Faut-il préciser qu’il n’écrit jamais aucune opération ?

Daniel n’est pourtant pas un matheux classique. Il n’aime guère l’algèbre et ses équations, encombrées de lettres mais si pauvres en chiffres. Ses disciplines favorites sont les nombres premiers, les problèmes de probabilité et le calcul calendaire, où il devine en un instant quel jour de la semaine vous êtes né. Pi est son nombre favori, le seul qui se déroule à l’infini : « Il me fascine. Aucune feuille de papier, fût-elle aussi grande que l’univers, ne pourra jamais le contenir. » Il lui doit sa renommée.

La scène se passe en 2004, le 14 mars – jour de la naissance d’Einstein -, dans une salle du musée de l’histoire des sciences d’Oxford. Daniel s’apprête à relever un défi, préparé pendant trois mois, au profit de la Société nationale d’épilepsie : énumérer de mémoire en public le plus de décimales possible de Pi. Cinq heures, neuf minutes et vingt-quatre secondes plus tard, la longue récitation prend fin devant des examinateurs médusés. 22 514 chiffres sans la moindre faute ! Record d’Europe battu sous une salve d’applaudissements. « Les chiffres, se souvient-il, défilaient devant mes yeux comme les images d’un film. »

Pi a changé la vie de Daniel Tammet. Héros d’un documentaire télévisé, il se raconte, avec modestie et sincérité, dans un livre récemment traduit, Je suis né un jour bleu (éd. Les Arènes, 21 €). Son aptitude à témoigner de ses expériences offre une chance unique aux neurologues avides de percer les mystères de l’autisme. Il se plie volontiers aux séries de tests, parfois perturbants, que lui soumettent les scientifiques britanniques et américains curieux de déchiffrer la « boîte noire » de son étonnant cerveau.

Par son exemple, Daniel aide à combattre les préjugés qui accablent les autistes : « En récitant le nombre Pi, je voulais leur dire qu’un handicap n’est pas un obstacle fatal. » A Salt Lake City, Daniel a rencontré le plus célèbre « savant » autiste, Kim Peek, l’homme qui servit de modèle au Rain Man, incarné en 1988 par Dustin Hoffman. Ce fut, dit-il, un grand moment de bonheur. Mais l’image réductrice que le film donnait de l’autisme appartient, selon lui, au passé : « Il faut permettre aux malades de prendre confiance, d’assumer leur différence. »Daniel entretient avec les mots, son « deuxième langage », une relation esthétique. Comme les nombres, ils ont forme et couleur. Même chose pour les prénoms : Richard est rouge, John jaune, Peter violet.

Grâce à sa remarquable mémoire visuelle, il apprend les langues en un clin d’oeil, ou presque. Il en maîtrise dix : l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’espéranto, le finnois, le français, le gallois, le lituanien, le roumain et l’islandais. Il a assimilé cette dernière, pourtant très difficile, en l’espace de quatre jours passés à Reykjavik. Les mots lui permettent de gagner sa vie. Il a lancé en 2002 un site Internet d’apprentissage des langues, qui marche très fort, baptisé Optimnem, en l’honneur de Mnémosyne, la déesse grecque de la mémoire. A 10 ans, il a créé sa propre langue, qu’il est le seul à parler, le Mänti (« un pin » en finnois). Elle possède aujourd’hui plus de 1 000 mots. Daniel est un grand lecteur de biographies et de dictionnaires. Mais il n’ouvre guère de romans : « Je préfère m’intéresser aux choses vraies. » Il est en train d’écrire un nouveau livre où il parle du cerveau, des nombres et de l’imagination.

Daniel eut une enfance solitaire et souvent douloureuse. A l’école, trop de choses lui faisaient mal : le bruit, les bousculades, et surtout ce sentiment d’être différent, qu’il ne pouvait comprendre ni dominer, faute à l’époque de diagnostic précis. Il se réfugiait dans le silence de sa chambre ou dans des rites compulsifs : il collectionnait les marrons, les prospectus, les coccinelles. Il doit à l’amour de ses parents (« mes héros ») d’avoir trouvé, devenu adulte, un heureux équilibre entre son univers et le monde extérieur, dans une philosophie qu’il résume d’une phrase : « L’important n’est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres. »

Jean-Pierre Langellier

Pffffff

Bonjour,

A nouveau, pas de billet depuis un petit bout de temps. L’année dernière avait connu le même phénomène. Je ne sais pas si c’est dû à un été à la limite du pourri, à un mois de juillet comparable à une immense migraine (et j’ai encore la tête sensible… pas douloureuse mais sensible), le fait que cette année encore, je ne partirai pas en vacances, le fait que cette fin de mois verra le deuxième anniversaire de la mort de mon père… Un peu de tout, j’imagine…

Du coup, je ne fais rien de productif. Je n’écris pas, je ne fais pas de fiches pour Fanfics-revues, je ne fais rien de ce que j’ai mis sur une petite liste… c’est déprimant et plus j’y pense, plus ça me déprime. La seule chose que je fais régulièrement et sérieusement, ce sont mes séances de kiné deux fois par semaine.

J’espère que ça va passer rapidement !

Sinon, semaine noire pour le cinéma comme vous avez sûrement vu : En 48 heures, la disparition d’Ingmar Bergman, de Michelangelo Antonioni et de Michel Serrault. Ingmar Bergman est lié a un souvenir de ciné-club au lycée avec la diffusion de « Cris et Chuchotements ». Le film avait été interdit aux plus jeunes. Il aurait dû être interdit à une majorité de garçons qui ricanaient bêtement et qui ont dû s’emm—der alors que moi, j’ai vu ce film comme une révélation artistique. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons.

Antonioni, j’ai moins accroché. J’ai dû voir La Notte au ciné-club sur FR3 il y a longtemps. J’allais dire « trop intello » pour moi, mais après Bergman, pas facile à dire. Disons que ça ne me parlait pas de la même façon.

Serrault… tellement films que je pourrais citer. Il est dommage qu’il ait fallu attendre la fin du journal télévisé de F3 pour revoir « Garde à Vue ». Mais je ne vais pas critiquer la rediffusion du Viager, qui doit passer une fois par an, que je connais par coeur et que je revois à chaque fois. M6 a passé la Cage aux Folles 1 et 2 (je ne crois pas avoir vu le N° 2 avant et je comprends pourquoi). J’ai manqué la rediffusion du Bonheur est dans le Pré qui est l’un de mes films préférés. Et j’ai des souvenirs du Miraculé, Mortelle randonnée, Les Fantômes du Chapelier, On ne meurt que deux fois ou cette mini-série TV retraçant la vie d’Offenbach. Quand je regarde sa filmographie, je reconnais que je ne les ai pas  tous vus, mais j’en ai vu beaucoup !

Une lecture dont je voulais vous faire part depuis un petit temps : sur le sujet « blog et travail », une salariée d’un cabinet comptable britannique tenait un blog et parfois de son travail, mais l’anonymat de l’employeur était respecté et rien ne permettait de l’identifier. Il lui arrivait également de bloguer depuis son lieu de travail pendant son heure de déjeuner. Elle a été licenciée. Elle a porté l’affaire aux Prud’hommes et a gagné. Je vous renvoie au blog de Maître Eolas et principalement son dernier billet qui reprend tout ce qu’il a écrit sur le sujet. Ses commentaires sont très clairs donc pas besoin de sortir de la fac de droit pour comprendre ce qui se passe. Et a contrario, on peut en déduire les règles de ce qui peut être fait et pas fait (mais c’est aussi une question de bon sens).

Bon(nes) Week-end/Vacances/Retour de vacances !

That’s all, Folks !