… que mon père nous a quitté.
Cela fait toujours aussi mal. La douleur est peut-être un peu différente de celle des premiers mois, mais elle est toujours présente.
Ce qui peut passer par la tête de quelqu'un qui eut un jour trop de temps sur les bras
… que mon père nous a quitté.
Cela fait toujours aussi mal. La douleur est peut-être un peu différente de celle des premiers mois, mais elle est toujours présente.
Je ferais mieux de dormir, je sais…
J’ai écouté un peu trop de jazz aujourd’hui…. la faute à ma mother qui me demandait si j’avais tel titre interprété par untel… c’est là que j’ai réalisé que j’avais plusieurs bons albums, toujours en 33 t. ! 😦
En sortant de chez le kiné ce matin, je suis donc passée la voir avec quelques CD qui pouvaient lui plaire et je lui ai mis ça sur son iTune. Ca lui plaisait : parfait ! 😀
Deux dépêches lues ce soir :
La mort de la cantatrice Régine Crespin, âgée de 80 ans. Je vous invite à lire cet article très intéressant sur sa carrière ici.
Mise à Jour du 07/07/07 :
Régine Crespin
LE MONDE | 06.07.07En 1990, la cantatrice Régine Crespin arrêtait, à 63 ans, une carrière de quarante années. Elle allait enfin pouvoir se consacrer pleinement à ses élèves du Conservatoire de Paris, où elle enseigna de 1974 à 1992, fumer tranquillement les cigarettes extra fines qu’elle affectionnait et éviter de jeter son piano par la fenêtre comme il lui arrivait d’en avoir l’envie, au faîte d’une vie harassée de travail, ainsi que le confiait au Monde, en 2003, cette perfectionniste à qui sa grand-mère italienne avait dit une chose qu’elle n’a jamais oubliée : « Quoi qu’il arrive, si tu devais un jour balayer les rues, n’oublie pas les coins. »
Dix-sept ans après ce salut à son public, c’est une révérence définitive que vient de tirer celle qui fut une Périchole impayable autant qu’une redoutable Brünnhilde, victime d’une de ces maladies qui lui auront empoisonné une partie de la vie et dont elle ne se sera pas cachée – pas plus que de ses déboires amoureux et professionnels -, comme en attestent ses Mémoires écrits à la bonne franquette, A la scène, à la ville (Actes Sud, 1997), une édition revue et augmentée de La Vie et l’amour d’une femme (Fayard, 1982).
Crespin parlait de ses cancers (le premier avait été diagnostiqué en 1978) avec une faconde qui n’était que l’envers du décor. Car cette rigolote de service, qui pouvait à l’occasion se révéler intimidante, était en fait une timide qui se cachait volontiers derrière ses poses de lionne, de diva à chapeaux, fourrures et caniches. Mais Crespin (beaucoup l’appelaient par son seul nom) était trop intelligente pour être une Castafiore ou, à l’inverse, une « Crespinette » à accent (de Marseille, sa ville natale).
Lorsqu’on lui téléphonait et que sa secrétaire ne prenait pas l’appel, dans son appartement cossu de l’avenue Frochot, en plein quartier Pigalle, on croyait parler à Raimu, tant ce timbre parlé grave faisait douter qu’elle eût un jour pu entonner ce « la aigu exquisément piano » qu’aimait tant Francis Poulenc, qui écrivit pour elle le rôle de la deuxième prieure de ses Dialogues des Carmélites.
Crespin créa le rôle à l’Opéra de Paris, en 1957, mais dit à son « Poupoule » bien aimé sa préférence pour celui de la première prieure : « Il a posé sa grande patte sur mon épaule et m’a dit : vous le chanterez un jour, dans quinze ans, vous verrez, et vous y serez superbe. »
Elle incarnera en effet, vingt ans plus tard, cette mourante récalcitrante et blasphématoire, d’abord en anglais sur les scènes américaines, puis en français et au pied levé, à Paris, en 1980, sous la direction de Jean-Pierre Marty. Elle devait d’ailleurs faire savoir qu’elle ne serait pas contre la mise en disque de sa première prieure, une captation radiophonique qui sera donc publiée en 1999 par l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
DES PIANISSIMOS SENSUELS
En 1962, le chef d’orchestre Herbert von Karajan, autre énamouré des aigus de « La Crespin », comme il l’appelait, lui demande d’abord Sieglinde, à l’Opéra de Vienne, puis le lourd rôle de Brünnhilde, dans La Walkyrie, de Wagner, au premier Festival de Pâques de Salzbourg, en 1967. Elle est également de l’intégrale (Deutsche Grammophon, 1966) de sa Tétralogie, de Wagner, où elle « balance » d’impressionnants « hojotohos ». Dès 1958, Régine Crespin fréquente le Festival de Bayreuth, où seules deux autres chanteuses françaises avaient triomphé avant la seconde guerre mondiale, Marcelle Bunlet d’abord puis Germaine Lubin, grande Isolde. Crespin y chantera Kundry, dans Parsifal, et Sieglinde, mais, à Bayreuth pas plus qu’ailleurs, elle n’osera Isolde.
L’aigu « exquisément piano » de Crespin n’était pas un mythe : ce son en suspension, sensuel, avait une clarté parfois tranchante dans les forte que pouvait sans mal atténuer un voile d’ombre, ou plutôt – à une voyelle près – d’ambre dans ces pianissimos de rêve. Sa tessiture était longue, qui lui permettait d’incarner les rôles plus graves, comme la Carmen de Bizet longtemps redoutée et repoussée. A la fin de sa carrière, elle se cantonnera aux rôles de mezzo.
Son enregistrement (Decca, 1963) des Nuits d’été, de Berlioz, et de Shéhérazade, de Ravel, avec Ernest Ansermet (« Le seul de mes disques que j’aime vraiment », avouait Crespin), est resté une référence indépassée et constamment au catalogue. La où une Suzanne Danco, qui avait aussi enregistré Shéhérazade avec Ansermet, avait un son intrinsèquement français et un rien corseté, Crespin témoignait d’un plus vaste horizon de couleurs et d’une largeur d’émission qui n’offusquait cependant pas la clarté de la diction. En somme, Crespin avait, dans la voix, la rondeur légère des nuages de Raoul Dufy.
Elle fut, dans le répertoire français, exceptionnelle : en Didon, des Troyens de Berlioz ; en Pénélope, de Fauré ; en Marguerite de La Damnation de Faust, de Berlioz, notamment. Elle fut applaudie dans Desdémone, chez Verdi, dans Tosca, chez Puccini, et, chez Richard Strauss, elle fut une Maréchale d’exception, comme en témoignent ses extraits, avec Silvio Varviso (Decca, 1964), et son intégrale, avec Georg Solti (Decca, 1969), du Chevalier à la rose, où elle fait entendre l’exacte couleur mélancolique de cette femme encore désirable qui renonce à un trop jeune amant.
Si Crespin alla sur le terrain de ses grandes rivales étrangères, « » Elles » ne venaient jamais se mesurer sur mon terrain français ! se réjouit-elle avec coquetterie dans ses Mémoires. Callas, Tebaldi, Schwarzkopf ou Nilsson n’ont jamais chanté un opéra français à Paris. Alors, mes succès, après tout, c’étaient des doubles victoires, na ! »
Car cette immense artiste fut certainement plus célébrée à l’étranger (l’Amérique l’adorait) que sur les scènes françaises : « La seule fois de ma vie où j’ai été sifflée, c’était pour des Contes d’Hoffmann dans mon propre pays, en 1974″, avouait-elle avec quelque tristesse.
27 février 1927 : Naissance à Marseille1949 : Premier Prix au Conservatoire de Paris et débuts à Reims, dans Werther, de Massenet
1958 : Débuts au Festival de Bayreuth
5 juillet 2007 : Mort à Paris
Renaud Machart
Le souvenir que j’en garde, c’est son interprétation de la première Prieure dans Le Dialogue des Carmélites, bouleversante…
L’autre dépêche, plus légère, à propos de l’adaptation au cinéma d’un livre dont je vous ai déjà parlé : « Mma Ramotswe détective » (franchement, je suis un peu inquiète de ce que les américains peuvent faire de ce livre, mais bon… laissons-leur le bénéfice du doute !)
04.07.07 | 17h42
Un sorcier du Botswana a prédit un grand succès au film retraçant les aventures de la célèbre détective de roman Mma Ramotswe, dont le tournage débute la semaine prochaine dans ce pays désertique d’Afrique australe, a révélé sa productrice.
Cet homme a prédit que ce long métrage, adapté des livres de la série « Agence N°1 des Dames détectives » d’Alexander McCall Smith, serait un grand succès, a déclaré Amy J. Moore, mardi soir lors d’une conférence de presse.
« Il y a environ un an, je me trouvais à Gweta en train de faire des repérages pour le film avec notre réalisateur Anthony Minghella. Nous avons rencontré ce très vieil homme, un sangoma », a-t-elle raconté.
L’équipe, qui travaille sur ce projet de film depuis six ans, décida alors d’interroger les esprits des ancêtres. « Nous nous sommes tous assis autour de ce très sage sangoma. Il m’a alors donné des os et dit: +Posez leur une question+. »
« J’ai demandé comment les choses se passeraient pour le film, quel accueil il recevrait. Après que j’ai lancé les os, avec l’aide d’un interprête, le sangoma m’a répondu: +Ce sera un très long voyage, mais un voyage très réussi+ », a ajouté la productrice.
Et jusqu’à présent, le sangoma a eu raison, s’est-elle félicitée, affirmant que « cela a effectivement été un très long voyage qui, grâce au soutien du Botswana, sera couronné d’un grand succès ».
Le réalisateur britannique Minghella, basé à Hollywood et récompensé notamment pour « Le Patient anglais », ainsi que son équipe sont arrivés la semaine dernière au Botswana. Le tournage doit se dérouler à partir du 9 juillet à Gaborone, dans le delta de l’Okavango et dans le désert du Kalahari.
La chanteuse américaine de rythm’n blues, Jill Scott, jouera le rôle de Precious « Mma » Ramotswe dans ce long métrage qui va employer plus de 1.500 personnes sur place et qui devrait sortir à Noël.
« Mma Ramotswe détective » a été publié pour la première fois en 1998 en Grande-Bretagne. Au moins cinq autres livres ont suivi depuis, traduits dans plus de 30 langues.
That’s all, Folks ! ![]()
Bonjour,
Ça me fait un peu drôle d’écrire « fin de semaine » alors que dans ma situation, le vendredi n’a pas la même importance que dans une vie plus active (au sens statistique). 🙂
En parlant de « vie active », la visite chez la rhumato me permet d’envisager la reprise au 1er août en bénéficiant pour quelques mois d’un mi-temps thérapeutique (ce qui veut dire que je travaille à temps partiel, le temps non-travaillé étant de « l’arrêt-maladie »).
Par ailleurs, j’ai eu un contact avec mon patron qui me demande de passer au bureau pour parler. Mais je sais déjà de quoi : après l’avoir entendu tourner autour du pot une dizaine de fois, je l’ai obligé à convenir qu’il n’y avait effectivement plus de boulot pour moi à mon retour. Je m’y attendais, mais pas dans ces conditions. Je vais essayer de négocier quelques mois, même à temps partiel, pour reconstituer un peu mes finances. Ça, c’est pour le 13 juin.
Ensuite, un hommage et un coup de gueule :
Hommage à ce comédien, metteur en scène, auteur… plus profond qu’il ne le laissait paraître et qui part, à un jour près, 25 ans après Romy Schneider qui était une de ses grandes amies.
Le coup de gueule : j’ai vu sur certains sites, surtout ceux de quotidiens qui laissent les lecteurs mettre un commentaire. La cause de son décès est « suite d’une longue maladie ». Certains s’offusquent qu’il ne soit pas dit s’il avait le SIDA. Comme si le fait qu’il soit homosexuel impliquait qu’il ne pouvait que mourir de ça en cas de « longue maladie ». Il était discret quant à sa vie privée. Respectons cette volonté ! C’est la dernière chose que l’on peut faire.
Parlons WNBA maintenant !
Tout d’abord, j’ai décidé de faire une nouvelle page sur mon site consacrée au championnat 2007, reprenant les commentaires du blog et l’agrémentant de photos et d’articles. Ce sera fait ce soir ou demain.
A l’issu d’une deuxième semaine un peu plus calme pour cause de jour férié aux USA, des tendances se dessinent.
San Antonio a remporté deux de ses matchs sur trois soit contre Seattle et Houston, deux équipes statistiquement plus fortes. B. Hammon explose ses stats et mène son équipe à la marque, ce qui lui a permis d’être désignée « Peak Performer » de la deuxième semaine. Le match perdu est contre Phoenix qui l’a déjà fait tomber le premier jour.
Chicago a gagné son match contre Minnesota (qui n’a rien gagné encore) et a perdu contre Connecticut, mais après les avoir contraint aux prolongations.
L’équipe de Detroit reste invaincue.
Sacramento a perdu deux matchs et en a gagné deux.
Los Angeles n’a perdu qu’une rencontre sur trois.
Certains disent que c’est un peu tôt, mais le championnat va vite et tous les matchs comptent. Une équipe qui a perdu ses quatre premiers matchs va avoir du mal à remonter.
Parlant d’une équipe qui a perdu ses 4 premiers matchs, Washington a acquis la semaine dernière, dans un échange avec Chicago, Monique Curie, 3ème sélectionnée dans la Draft de l’année dernière et on apprend ce soir que l’entraîneur « démissionne ». Ses assistants vont assurer l’intérime. C’est dur de perdre son entraîneur quelques heures avant un match !
La suite, la semaine prochaine.
That’s all, Folks ! ![]()
Tout le monde en parle. Il n’empêche…
Je me souviens du matin où j’ai appris sa disparition. C’était un mardi matin. J’étais en Terminale et le premier cours à 8 heures était physique-chimie. Un copain à côté de qui j’étais souvent assise, était complètement effondré et j’ai dû passer plus de temps à le consoler qu’à écouter le cours (à quelques semaines du bac).

Janet McDonald est morte le 11 avril dernier, n’ayant pas survécu à son combat de près de deux ans contre le cancer.
Janet était une femme extraordinaire. Afro-américaine née du mauvais côté de la voix ferrée (comme ils disent là-bas), elle avait surmonté toutes les épreuves de la société grâce à sa brillance.
Après quelques années au barreau, d’abord à New-York et Washington, puis à Paris, elle avait entammé une seconde carrière d’écrivain. Son premier livre « Project Girl » était le récit de ses premières années. Le hasard a ensuite fait qu’elle s’est mise à écrire des livres dit pour adolescents. Mais à chaque fois, on pouvait retrouver Janet derrière chacun des héros.
Elle était née à New York, mais Paris était SA ville. Elle aimait rire, danser, sortir. Il était impossible de la rencontrer et de rester indifférent(e). Quelqu’un a dit, lors de la cérémonie qui s’est tenue hier, qu’elle était solaire.
Son soleil va terriblement me manquer !
Son site : http//www.projectgirl.com (où j’ai emprunté la photo)
J’avais prévu de vous dire autre chose, mais les évènements ont parlé !
Chapeau bas pour un très grand Monsieur du cinéma et du théâtre.

Philippe Noiret, comédien hors carte
LEMONDE.FR | 23.11.06 | 20h33 • Mis à jour le 24.11.06 | 08h06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-838088,0.html
Le comédien Philippe Noiret est mort, jeudi 23 novembre, des suites d’une longue maladie, a annoncé son agent artistique Artmedia. Le portrait ci-dessous a été publié dans Le Monde du 15 septembre 1997.
Philippe Noiret, comédien hors carteIl prévient poliment : « Je suis un homme bien ordinaire, vous savez, vous allez avoir du mal. Enfin, c’est bien d’avoir un article avant sa nécrologie dans Le Monde. » Pour autant, Philippe Noiret reconnaît n’être pas particulièrement pressé de l’avoir, sa « nécro ». Nous non plus. Il est là dans sa loge, un dimanche après-midi, à tirer sur son gros cigare en regardant le plafond, les rayures du tissu sur les murs, les photos de sa femme, la comédienne Monique Chaumette, de sa petite-fille, de quelques-uns de ses chevaux et amis, qu’il avait hésité à placer sur le miroir, pour ne pas avoir l’air de s’installer, par superstition, au cas où Les Côtelettes ne marcheraient pas.
Il a le sourcil en pétard, porte la barbe, qui sied à la rondeur toute balladurienne de son visage, précédé d’un long nez de jouisseur, un organe puissant, non pas un pif, qui sonne petit et mutin, mais un blaze, noble et sonore, comme sa célèbre voix de bronze. Il porte une chemise en lin, un blue-jean, des bottes plus que parfaites. Il étire son mètre quatre-vingt-cinq dans un vaillant fauteuil Louis XVI, ne paraît pas trop angoissé de remonter sur les planches, trente ans après sa dernière apparition sur scène.
Qu’est-ce qui l’a convaincu, au fait, d’opérer ce retour ? « La pièce. Elle est formidable. Le titre, c’est un titre à la Marcel Aymé, à la Jean Anouilh. A un moment, il y a une paire de côtelettes qui jouent un rôle dans le personnage de Michel Bouquet. Moi je suis Léonce, un ex-soixante-huitard qui a brassé beaucoup d’idées généreuses et à qui la vie a fait parcourir des chemins assez différents de ses idées. C’est l’heure du bilan, du constat, du divorce. C’est l’histoire d’un pauvre mec de gauche qui se retrouve en train de glisser à droite. »
A 67 ans, il est un peu plus âgé qu’un soixante-huitard, certes, mais le théâtre permet aux gens de grand talent de tricher. Sa jeunesse, Philippe Noiret l’a vécue assez sagement, en cancre paisible, chez les oratoriens. Il n’a pas eu le bac. Sur quoi bloquait-il ? « Sur tout. Ça ne m’intéressait pas. J’étais rêveur, je lisais pas mal, je déconnais avec les autres cancres. L’avantage des oratoriens, c’est qu’ils s’occupaient des mauvais comme des bons. Un jour, le Père Bouyer m’a dit : ‘Vous êtes nul en études, qu’est-ce que vous voulez faire ?’ J’ai dit : ‘Peut-être acteur.’ Ce n’était pas une vocation très claire. Il a fait venir Julien Green et Marcel Jouhandeau à l’un des spectacles que montaient les élèves. Ils m’ont trouvé quelques dons… »
Le jeune homme suit à Paris les cours de Roger Blin, puis entre au Centre dramatique de l’Ouest, où il rencontre Jean-Pierre Darras. Ensuite, il joue dans une pièce de Lorca, Dona Rosita ou le Langage des fleurs, dans la première mise en scène de Claude Régy. « Il y avait plein de beau monde : Gianni Esposito, Silvia Monfort. Notre rêve était d’entrer chez Jean Vilar au TNP. Avec Delphine Seyrig, on allait camper à Avignon, dans l’île de la Barthelasse, pour voir les spectacles. C’était inoubliable. On a vu la première du Cid avec Gérard Philipe, et Lorenzaccio, et Le Prince de Hombourg… Un jour, aux Noctambules, on apprend que Vilar auditionnait. On se précipite, à trois cents à peu près, et, là, Gérard Philipe m’a choisi. Je suis rentré au TNP en 1953, mon premier rôle a été de jouer un citoyen ordinaire dans La Mort de Danton, de Büchner. »
Parallèlement, il commence avec Jean-Pierre Darras une carrière au cabaret, à l’Ecluse, aux Trois Baudets, à la Villa d’Este, à l’Echelle de Jacob, où il crée un personnage de Roi-Soleil désopilant. « Et puis j’ai quitté le TNP en 1960, j’ai monté Un château en Suède, de Sagan, et j’ai commencé à faire du cinéma, Zazie dans le métro, puis des rôles de plus en plus importants. C’est un des points que j’ai en commun avec d’autres sexagénaires un peu tapés comme Jean Rochefort ou Jean-Pierre Marielle : pour nous, jouer a d’abord été jouer au théâtre, dans une troupe. »
Jouer un homme de gauche fourvoyé reste un rôle de composition. S’il revendique une « sensibilité de gauche », Philippe Noiret reconnaît qu’il aurait beaucoup aimé être un aristocrate : « J’ai connu, je connais, de bons amis issus de très vieilles familles. C’est quelque chose que je leur ai toujours envié, cette connaissance d’où ils viennent, ce sens de leur lignée, ça me touche beaucoup. J’ai le cœur à gauche, mais je n’ai jamais milité. La politique n’a pas été une de mes préoccupations. Je ne m’y suis intéressé que tard, à la fin des années 60. Mai 68, c’était rigolo, imprévu. Je suis allé à quelques réunions, mais je n’ai pas pris ça vraiment à cœur, ni au sérieux. Il y avait un côté sectaire. Je n’ai jamais encaissé la façon dont on a traité Jean Vilar à Avignon cette année-là. On l’a conspué : ‘Vilar-Salazar !’ Il s’est fait quasiment molester, on lui a craché dessus. A cause de gens comme Julian Beck et son Living Theater… »
Quant à l’humanitaire, ce n’est pas dans son tempérament non plus. Il ne se voit pas aller coucher avec les sans-papiers. Tout en reconnaissant bien du mérite à ceux de ses confrères qui le font parce qu’en général c’est mal interprété, on les soupçonne de vouloir se faire de la publicité. Mais ce n’est pas pour lui. « Cela correspond à une faculté d’indignation que je n’ai plus, disons le mot. » L’homme est pourtant connu pour avoir eu de saintes colères. Les dernières en date concernaient le Paris-Dakar. Il y a bien sûr des outrages de fond, qui durent, que l’on garde, des classiques comme la bêtise de la télévision ou celle des critiques : « La critique, je ne la trouve pas très bonne. Mais c’est peut-être le fait de mon âge. On approche du comportement vieux con très rapidement, sans le sentir. L’autre jour, je me suis surpris en train d’accabler de jeunes comédiens sous des tonnes d’anecdotes. Je me suis dit : ‘Ouh là, stop !' ». Donc pas de colère pour aujourd’hui.
En revanche, il est intarissable sur « la carte ». La carte est une notion inventée par son ami Jean-Pierre Marielle, qui, observant un jour le milieu parisien, en déduisit ceci, que Noiret reprend à son compte : « Il y a un petit comité, un jury clandestin, une coupole mafieuse composée de gens influents des médias, du Monde, de Télérama, de Libération et deux ou trois outsiders, qui distribuent des cartes, dorées ou pas, assurant aux porteurs que quoi qu’ils fassent, pour leur plus petit pet, il y aurait de l’écho. Le coup de projecteur sera là. BHL a la carte. Il fait même partie de la coupole. Ah, son film a été assassiné… Peut-être qu’il ne l’a plus. Godard a la carte et Luchini aussi. Elle n’est pas synonyme de talent ou d’absence de talent. Il n’y a pas de référence autre que la décision de cette coupole. Moi, je n’ai pas la carte. Pas assez pensant, pas assez partie prenante. Mon comportement professionnel est trop erratique. Je n’ai pas d’étiquette. Tavernier n’a pas la carte. Dès qu’il fait un truc, « Libé » lui tombe dessus. Bertrand Blier a eu la carte du temps de Buffet froid, et depuis il l’a perdue. On peut hériter de la carte d’un autre. Par exemple, Jeanne Moreau a hérité de la carte de Simone Signoret. Elle est la tête pensante du métier, elle est la mémoire, elle a la distinction, le côté international. Dès qu’on a joué une fois à savoir qui a la carte, on ne s’arrête plus. »
Philippe Noiret n’est pas assailli par les paparazzi, sauf parfois en Italie, où le public l’aime beaucoup et où il incarne une image du séducteur français, mûr et distingué. « C’est un pays que j’adore, un peuple formidable. Leur façon de ne pas réagir pendant les années de plomb, de traiter le terrorisme par le mépris, ça rejoignait le comportement des Anglais pendant la guerre, qui continuaient à sortir pendant les bombardements. C’est un public très affectueux et respectueux, au bon sens du mot. » Le respect qu’on doit à quelqu’un qui nous accompagne depuis longtemps, et par plus de cent dix films.
Quand il était jeune, Noiret admirait Cary Grant, Robert Mitchum, Gary Cooper. En 1959, il tourne son premier film avec Agnès Varda, La Pointe courte. Il se voit pour la première fois à l’écran : un ours de dos, les pattes écartées. Il se dit « plus jamais ! », mais, dès l’année suivante, il est dans Zazie dans le métro, de Louis Malle, Ravissante, de Robert Lamoureux, Le Capitaine Fracasse, d’André Hunebelle. Il apprend peu à peu à apprivoiser son gabarit majestueux. En voyant tourner Jean Gabin, il comprend comment ce dernier utilise sa corpulence pour exister, imposer sa « présence ». « Il faut du temps pour accepter ce que l’on est. Ce n’est pas évident. On est là pour incarner un personnage, mais tant qu’on ne s’est pas accepté soi-même, on essaie de l’incarner sans utiliser tous ses moyens ou en cachant des choses de soi-même, alors qu’il faut être absolument nu et se dire : ‘Je suis comme ça.’ Je ne suis pas sûr d’y être parvenu, mais ça vient… »
L’âge apporte aussi des satisfactions. Le grand bonheur d’un parcours comme le sien, dit- il, c’est aussi d’avoir eu le temps de rencontrer des gens comme Mastroianni, le plus grand comédien de son temps, celui qui avait la grâce. Avec le temps aussi, il a perdu le goût du spectacle, il va moins au cinéma et au théâtre. Il peut rester des heures en revanche à regarder les images de la vie. Il continue à incarner celui en qui les Français l’ont reconnu, moins le Régent débauché et somptueux du Que la fête commence, de Bertrand Tavernier, qu’Alexandre le Bienheureux, d’Yves Robert. Un hédoniste paresseux, un sage assez habile pour protéger son domaine réservé, qu’il soit à Paris ou dans l’Aude.
On le croit bon vivant, il laisse dire, mais ne boit plus que de l’eau depuis des années. « Une décision de la Faculté. La famille était catastrophée : ‘Il va devenir chiant.’ Et puis non, pas plus qu’avant. On ne fait plus la fête, évidemment, mais il y a de bons côtés, on gagne en légèreté. » Et il lui reste les joies du cigare, ses légendaires barreaux de chaise, des Punch et non, comme les gens riches, des Cohibas. « Je ne suis pas particulièrement chien pour les dépenses, mais pas les Cohibas, ils sont scandaleusement chers ! »
Côté dépenses, il faut bien aborder le chapitre des chaussures, une page douloureuse du livre de comptes qui aurait pu mettre en péril un ménage moins équilibré que le sien. Noiret voue un culte aux chaussures, il peut en parler des heures, il en a des dizaines toutes faites à la main, sur mesure, chez Lobb : « Ce n’est pas le meilleur marché, mais je suis un grand maniaque. Quand j’ai commencé la collection, j’ai demandé la permission à ma femme, parce que c’est une folie. Mon père avait un bureau rue du Faubourg-Saint-Honoré et je passais devant chez Lobb. C’est là que j’ai attrapé le virus. Mon père était très élégant, un homme magnifique. J’aime l’artisanat, le travail fait par la main d’un homme plutôt que par une machine. Ces bottes sont un modèle qui porte mon nom désormais. C’est quand même une belle réussite dans la vie, ça vaut bien des Césars. Et M. Meilhan, rosiériste, a donné mon nom à une rose. Deux joies. »
L’élégance est aussi une armure, une façon de se protéger. Noiret laisse courir les clichés autour de lui comme autant de capes sur lesquelles fonce le taureau médiatique. Noiret le bourru, Noiret le dandy à la voix d’or, Noiret l’homme de cheval, Noiret le débonnaire, etc. Ce sont des images qui ont un fond de vrai, qu’il a créées et qui continuent de leurs propres ailes. La plus tenace est celle du gentleman-farmer. Son ami Jean Rochefort a fait remarquer un jour que, lorsqu’on voit entrer Noiret, on imagine qu’il a des centaines d’hectares derrière lui. On ne prête qu’aux riches.
Noiret a une grande maison et un pré pour quelques chevaux, quelques chiens. Il n’exploite pas, ne cultive rien. « Farmer, sûrement pas. Quant à gentleman, ce n’est pas à un gentleman de le dire, je vous laisse juge. » La réponse ne fait aucun doute. L’homme est un fidèle lecteur de la collection « Le Temps retrouvé », au Mercure de France, ce qui est chic, et un grand amateur de polars. La Série Noire, Rivages Noir, c’est sa littérature sur un tournage. « Une de mes dernières fiertés est d’être l’acteur favori de James Ellroy, l’auteur d’American Tabloid.«
Michel Braudeau
J’ai à nouveau laissé passer le temps de mettre quelques lignes, essentiellement parce que les deux dernières semaines ont été mauvaises. Et ce matin, je recommence une migraine
. cet été sera vraiment pas bon.
Depuis la dernière fois, j’ai revu ma rhumato qui cherche toujours à confirmer son nouveau diagnostic. Outre un examen un peu lourd qui demanderait un passage à l’hosto et qui attendra éventuellement la rentrée, elle veut voir si il n’y a pas des débuts de lésions aux mains et/ou aux pieds. J’ai donc refait des radios (ça va, j’ai juste à traverser la rue pour en faire). Je n’ai pas encore son avis officiel, mais il semble qu’il y ait quelque chose à la main droite. Bien sûr, je suis droitière…. 
La suite à mon prochain RV, le 18.
J’ai quand même pris quelques notes de trucs que je trouvais intéressants et que je voulais porter dans ce blog.
Alors au cours de ces derniers jours, il y eu :
La mort d’Elisabeth Schwarzkopf, cantatrice, à l’âge de 90 ans. Moins médiatique que la Callas, c’était une grande interprète de Mozart (sa Comtesse…) et de R. Strauss (sa Maréchale….) et une grande chanteuse de Lieder.

Dans un tout autre genre, la site After Ellen (voyez mes liens si vous connaissez pas) a organisé un concours de « lesbianisation » d’affiches de cinéma. Prendre des affiches connues et en faire… le prochain grand film lez !
On peut admirer (le vote, c’est fini) ici : http://www.afterellen.com/Movies/2006/contest/finalists.html
(A noter que juste après la mise en ligne de la page, le site a été piraté par un groupe extrémiste islamiste avec le discours habituel de ticket sans retour pour l’enfer etc…). Grâce aux sauvegardes (pensez à vos sauvegardes, on ne sait jamais ce qui peut se passer), le bobo était réparé très vite).
Sinon, je regarde les championnats d’Europe d’athlétisme : Quelle belle médaille d’or pour le français qui a remporté le 50 km marche dans des conditions horribles. Ce qui a attiré mon attention : lors des remises de médailles, les hymnes sont parfois chantés a capela par un choeur. Un hymne chanté a toujours plus de puissance que sa version orchestrale.
On joue les derniers matchs de la saison WNBA et les dernières sélectionnées pour les play-offs ne seront sûrement connues que dimanche : c’est dire combien la saison a été disputée. j’en dirai plus quand les play-offs commenceront.
That’s all, folks ! 