Bonjour à tous,
J’espère que vous avez passé une bonne fin d’année et êtes en train de rédiger vos résolutions pour 2023.
Pour ma part, prenant un peu d’avance, et ennuyée de ne pas retrouver une autrice que je pensais avoir déjà citée, j’ai repris tous mes articles de ces dernières années et j’ai rajouté des tags des noms d’auteurs mentionnés ou, plus rarement, d’œuvres. Et là, j’ai été surprise de réaliser que je ne vous parlais que d’une poignée d’autrices alors que ça ne représente qu’une fraction de ce que je lis (ou relis).
Il est vrai que parfois, je ne sais pas si je vais parler d’un titre. Par exemple, je commence (enfin) à lire Terry Pratchett alors que j’avais acheté il y a quelques années en promo plusieurs de ces livres vendus sous forme d’anthologie/intégrale (Rincevent, La Mort, Le Guet…). J’imagine que les fans de Fantasy ont déjà tout lu (et se disent dans leur tête qu’il est temps que je m’y mette). Les autres ne seront pas plus intéressés que ça. Et comme tout a été dit sur T. Pratchett et son œuvre, je ne suis pas sûre de pouvoir ajouter quelques chose sur le sujet sauf « J’aime » ou « J’aime pas ».
Pour ceusses qui s’étonneraient d’un tel retard à l’allumage, je rappellerai que si j’aime bien la fantasy à petite dose, je suis davantage « science-fiction ». Et puis je suis la personne qui a attendu l’année de sortie du dernier Harry Potter pour enfin lire Harry Potter (l’angoisse de devoir passer un mois en milieu hospitalier sans avoir une bonne réserve de livres prévue à l’avance en est la cause, même si mon frère me suppliait à genoux de lire la série, certain que j’apprécierais – il avait raison… ) Par contre, j’ai lu Le Seigneur des Anneaux pour la première fois à la fin des années 70 si ça peut consoler les amateurs hardcore de fantasy.
De la même façon, je ne vois pas trop l’intérêt de parler du dernier album d’Astérix (quand il sortira) ou de Blake et Mortimer. Même le changement de scénariste pour le prochain Astérix a fait l’objet d’un article dans Le Monde. Ce sont des séries classiques qui doivent se trouver dans les BD-thèques des amateurs. On peut ensuite discuter de la légitimité des artistes qui ont repris les titres après le décès de leurs créateurs. Mais notre choix de lecteur est d’acheter ou non et éventuellement dire, c’était tellement mieux avant ou bien que ça tient encore la route…
Je suis bon public donc je continue d’acheter les Astérix et les Blake et Mortimer. Par contre, j’ai arrêté la Série XIII après sa fin officielle (soit le tome 19 – en fait, j’en ai acheté deux ou trois après, mais je n’ai pas eu l’impression que ça faisait avancer l’histoire et la fin au tome 19 était parfaite).
J’aime bien la série Alix (que je lis depuis que je suis ado) et pour l’instant, je continue d’acheter les albums même si je me pose la question à chaque fois de savoir si c’est avec cet album que j’arrête de suivre la série. Je trouve intelligent le « spin off » qui a été fait avec Alix Senator. Par contre, je n’ai pas touché à la série Alix Origines qui s’adresse à un public de 8-10 ans.
Je comprends l’éditeur. En créant un nouveau titre s’adressant aux jeunes, on peut espérer qu’ils voudront lire la série historique une fois adolescent. Et on fidélise les adultes avec la série plus mature de Alix Senator.
Le tout est de voir si l’on a affaire à une démarche véritablement artistique (comme ce fut le cas, je pense, avec les mini-séries Louve et Kriss de Valnor en parallèle des Thorgal pour un dénouement commun dans un album Thorgal ou si la démarche est d’avantage commerciale (Le titre a du succès donc il faut multiplier les occasions de prendre l’argent des lecteurs : je pense qu’on a tous repéré certaines séries, chez certains éditeurs – qu’on achète soi même ou non – et dont on a l’impression qu’ à chaque trimestre apparaît une nouvelle série spin-off).
Donc, plutôt que de parler d’Astérix ou de Blake et Mortimer, je vais vous parler d’une mini-série appelé La Brigade Chimérique. Cette série part de l’idée que les superhéros n’étaient pas nés seulement aux Etats-Unis. Ils étaient également apparus en Europe pendant (ou juste après) la première guerre mondiale (ou la conjonction de la présence du radium, de l’usage de l’électricité se généralisant et les gaz a créé le parfait environnement pour engendrer des superhéros). Pourquoi n’y a-t-il plus de souvenirs de leur existence ? Parce que l’Europe a subi une espèce d’amnésie collective liée au traumatisme des évènements ayant obligé l’intervention de ces superhéros. Mais on en trouve des reflets de leur passage dans notre monde dans des romans de gare ou des récits fantastiques écrits dans les années 20.
La série d’origine est composée de 6 albums publiés en 2009-2010. La présentation de l’éditeur donnait ceci :
Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d’eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d’effacer jusqu’au souvenir de leur existence.
Ils ont disparu avec la seconde guerre mondiale.
Mais à notre époque contemporaine, un phénomène étrange survient dans le métro parisien et l’on a besoin d’eux à nouveau. Et c’est ainsi que commence La Brigade Chimérique – Ultime Renaissance, un récit complet dans épais album de plus de 200 pages (équivalent à l’intégrale des 6 premiers albums) paru en 2022.



La première Brigade avait été publiée dans une éphémère collection BD de l’éditeur L’ATALANTE. La seconde Brigade est publiée chez DELCOURT.
Dans les deux cas, au scénario, Serge Lehman, ancien auteur de science-fiction, devenu scénariste de BD (entre autre) qui est revenu sur cette thématique dans les diverses mini-séries BD qu’il a écrites : Masqué, Metropolis , L’homme Truqué, formant une espèce de multivers (dont on trouve des traces dans la 2ème Brigade).
Pour être complète, la « première » Brigade était dessinée par Gess, la « seconde » par Stéphane de Caneva (qui avait collaboré avec Serge Lehman sur Metropolis)
Si cette ancienne science-fiction française vous intéresse, Serge Lehman a dirigé une anthologie qui regroupe certains de ces romans sous le titre Chasseurs de Chimères chez Omnibus/SF. On peut encore trouver ce recueil en livre d’occasion.
Pour mon second titre de « rattrapage », je vais parler poésie et même poésie japonaise. Depuis quelques années, les éditions du Seuil proposent en « beaux livres » une collection « Classiques en images » et après avoir testé la formule sur plusieurs textes (La Genèse, La Fontaine, Lao Tseu, Les Mille et une Nuits…), ils publient maintenant chaque année en novembre un recueil de haïkus, autour d’un thème, chacun illustrés par des estampes japonaises. Ce sont des petits livres de 128 pages reliés (avec tranchefile et signet) un peu plus grands qu’un livre de poche.
Je dois vraiment louer le travail d’Elisabetta Trevisan qui se charge du choix des textes et des illustrations : l’accord entre poème et estampe est particulièrement remarquable. Ma seule critique vient du fait que si l’on connaît l’auteur de chaque haïku et dans quel recueil français il a été trouvé, on ne trouve pas le nom des artistes dont les œuvres sont reproduites. On sait juste que le droit de reproduction appartient au Musée National de Tokyo ou à la Library of Congress (Washington DC). En fait, quelques recueils ont été composés autour de l’œuvre d’Hokusai, mais il n’y a pas qu’Hokusai comme artiste au Japon ! (remarque qui s’impose même si j’adore les œuvres d’Hokusai)









Ces petits livres ne prennent pas beaucoup de place sur la étagères d’une bibliothèque et j’aime en avoir un à portée de main, l’ouvrir au hasard, lire un poème, observer les détails d’une estampe : un petit plaisir rapide qu’il ne faut pas bouder.
J’allais m’arrêter là, mais je vais vous donner un petit bonus. Une fic (ou plutôt une série) dans un fandom dont je ne parle pas. Après la sortie du film Carol, j’ai regardé ce qui se faisait comme fanfics et j’ai lu quelques textes de grande qualité, mais très vite, les histoires écrites ont été replacées à une époque contemporaine. Chacun fait comme il veut (et si ça plait pas, on lit pas). Pour ma part, j’ai le sentiment que la dynamique entre les personnages est fortement liée à l’époque où se passe le film/livre soit le début des années 50. Mais écrire un texte dans une période historique donnée, ça demande du travail (je le sais, je l’ai fait). Il y a des histoires intéressantes qui ont été écrites, mais ce n’était plus vraiment « Carol ». Mon autrice préférée était Employee645A qui avait écrit plusieurs bonnes séries qui faisaient suite au film. Mais je dois aussi noter un intéressant cross-over, surprenant mais bien écrit et qui tient la route. Le cross-over, c’est le clash entre l’univers de Carol et celui de l’Agent Carter (du SHIELD) et du Captain America (qui aurait réapparu plus tôt que dans l’univers des films). La série s’appelle More than One Kind of Soulmate par Comicbooklovergreen. Les premières histoires sont assez courtes pour donner une idée de l’univers, mais ça prend assez vite de l’ampleur.
Ce sera tout pour cette première séance de rattrapage. Je vais voir à en concocter d’autres que je mettrai en ligne au fur et à mesure.
Bonne lecture !