Bonjour,
Un dernier article pour cette année bizarre et plusieurs pensées plus ou moins philosophiques comme le laisse imaginer le titre.
Alors que je commençais à penser à ce billet, je me suis dit que les nouveaux lecteurs de passage qui ne me connaissent pas, pouvaient peut-être se poser la question (même si légalement, je dois le mentionner) ; alors voilà, je ne parle sur ce blog que de livres, films, CD, spectacles que j’ai vus/lus/entendus et payés avec mes petits sous. Pas de deals avec un éditeur ou un auteur pour faire de la pub « camouflée ». Et ce n’est pas un appel au peuple pour que l’on me propose ce type d’arrangement.
C’est là que mes pensées ont commencé à divaguer. A 20 ou 25 ans, j’aurais peut-être adoré recevoir régulièrement un paquet de livres dans mon genre de prédilection et faire des fiches de lecture à la suite. Mais je n’ai plus 20 ans, et le temps devient précieux. Je préfère le garder pour des livres dont je suis plutôt sûre qu’ils me plairont ou pour de la relecture. Car contrairement à ma belle-sœur (dont vous vous souciez guère), j’aime relire certains livres. La première fois, pour l’histoire ; la deuxième et la troisième fois pour voir comment l’auteur-e nous y a emmené. Par la suite, pour le plaisir de trouver des phrases, au début anodines, mais qui, avec l’âge, l’expérience, la vie, sonnent de façon différente.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voulais parler de Twitter. Je sais que plusieurs parmi vous se tiennent au courant de mon « actualité » grâce à Twitter, mais personne ne peut dire ce que ça va devenir. J’ai un compte Instagram, mais je ne poste rien dessus. J’ai regardé les alternatives à Twitter, mais rien ne m’a vraiment convaincue. Donc, pour ceusses qui souhaitent se tenir au courant (puisque je suis incapable de promettre que je posterai un nouveau billet tous les premiers mardis de chaque mois… au hasard), le mieux serait de vous inscrire sur la liste de diffusion. Une petite fenêtre apparaît dans l’angle inférieur droit de votre écran quand vous remontez (avec la molette de votre souris) sur une page de mon blog : vous cliquez et laissez votre adresse mail. Promis, je ne vais pas vendre ce magnifique fichier à des sites commerciaux qui vont vous assommer de spam.
A quoi ressemble la « petite fenêtre » :
Pour commencer, je suis sans internet et télévision depuis plus de deux mois (la fibre, c’est fragile) et comme les FAI nous disent de nous servir de notre smartphone comme modem et de rechercher notre vieux câble d’antenne pour voir au moins la TNT, ils n’ont plus l’air de se presser à réparer. Le smartphone/modem, ça marche. Par contre, pour la télé, ça serait trop compliqué.
Par chance, j’avais de la lecture en retard, ainsi que des DVD.
En parlant de DVD en retard, pourquoi personne ne m’avait dit que dans le film de superhéros, Captain Marvel, il y avait du subtext gros comme un épisode de Xena ? A dire vrai, je crois me souvenir d’une interview ou deux de l’actrice principale qui assumait complètement la situation. Je devais juste lire ou regarder autre chose quand j’ai acheté le film.
Autre livre en retard, un peu (beaucoup) différent de ce que je commente habituellement et promis, je l’ai lu bien avant que la presse ne reparle de la question suite à une expérience française réussie récemment : « La quantique autrement: Garanti sans équation ! » de Julien Bobroff (Ed. Flammarion – 256 pages – en version papier et électronique).
Pourquoi ce livre ? Par curiosité. Parce qu’on commence à voir le terme « quantique » mis à toutes les sauces. Parce que je me souviens de mon dernier cours de lycée de Terminale (section scientifique) pendant lequel la prof a lu tout simplement le chapitre du livre en expliquant qu’elle n’y comprenait rien (c’était il y a plusieurs décennies. Pas sûre qu’un tel chapitre soit encore dans les manuels des programmes scolaires en vigueur). J’étais contente de voir que mes vieux souvenir de physique (d’il y a plusieurs décennies…. sachant que mes activités professionnelles ne sont plus scientifiques) m’ont permis de suivre le livre jusqu’à la fin. Et j’ai apprécié les nombreuses illustrations qui aident bien à assimiler tous ces concepts.
La dernière fois, je vous avais annoncé la sortie de The Amaranthine Law de Gun Brooke chez Bold Strokes Books. Comme je vous l’avais dit, il s’agissait à la base d’une fanfic (Le Diable s’habille en Prada) mise en ligne il y a un peu plus d’un an (et qui a été retirée du net depuis). Globalement, l’histoire est la même et les personnages n’ont pas subi de grands changement en dehors de leur patronyme. Il faut quand même noter que Gun Brooke (comme Roslyn Sinclair pour la publication de Truth and Measure), a fait un gros travail pour dé-mirandaïfier (oui, je sais… pas très élégant) son personnage d’über-Miranda. Donc, si vous avez la fic sur votre disque dur, ou si vous n’êtes pas du genre à relire… L’achat n’est peut-être pas indispensable. Sinon, c’est un thriller sympa avec une bonne dose de fantastique, bien différent de ce que Gun Brooke écrit habituellement (romance contemporaine et SF).
Une autre recommandation : le dernier titre (SF) d’Aliette de Bodard. Là, je coince car j’étais persuadée d’avoir déjà parlé de ses dernières publications, en notant qu’elle méritait un billet à elle tout seule, mais je ne le retrouve pas sur mon blog. Peut-être que j’avais écrit ça sur Twitter…
Donc Aliette de Bodard est une autrice française de science-fiction qui écrit en anglais et dont l’œuvre a été déjà récompensée à plusieurs reprises par les grands prix de la SF. Elle a développé trois univers très différents dont l’un, l’univers de Xuya, né d’une Histoire alternative, est dominé par une culture d’inspiration chinoise et surtout vietnamienne. Son dernier roman s’appelle The Red Scholar’s Wake et parle de pirates de l’espace, de vaisseaux doués de conscience et d’amour sapphiques.
En anglais, ça rend mieux : Lesbian space pirates !
Je viens de le commencer et j’en suis à peu près à la moitié. Pour l’instant, il y a les pirates, les vaisseaux doués de conscience et une belle relation naissante. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Il y a aussi de la politique, des luttes de pouvoir, des trahisons, des idéaux oubliés. Comment faire confiance ? A qui faire confiance ? J’ai très vite été entraînée par l’histoire et je croise les doigts pour la fin (non, je ne vais pas jeter un coup d’œil aux dernières pages).
A noter que ce roman a l’immense privilège d’inaugurer mon nouveau Kindle. le précédent a presque 10 ans d’ancienneté et surtout un tout petit espace de stockage. J’avais déjà retiré tous les livres un peu volumineux, mais j’en étais à un point où je ne pouvais charger un nouveau livre que si j’en retirais un autre. Ce n’était plus acceptable.


Je disais au début que j’avais rattrapé le visionnage de vieux DVD. La fin d’année m’a permis aussi de récupérer quelques livres et bandes dessinées parues ces derniers mois et qui n’avaient pas encore intégré ma bibliothèque. Et c’est là que le temps qui passe m’a également rattrapée.
Plusieurs titres, nés il y a plusieurs décennies dans le Journal de Tintin, ont pris fin de la volonté de leur auteur. Il y a eu d’abord le Jonathan de Cosey (j’en parlais l’année dernière). Mais je viens de voir également que Michel Weyland qui sortait avec une régularité de métronome un album d’Aria tous les 12 à 18 mois vient aussi de faire ses adieux avec un quarantième album. Aria, son cheval et son épée, protégeant la veuve et l’orphelin, luttant contre les despotes et les gourous de pacotille… ça ne vous dit rien ? OK, ce n’est pas Xena : elle est blonde et elle n’a pas de Gabrielle. Les premiers albums en ma possession étaient publiés aux Ed. du Lombard avant de rejoindre Dupuis. Mais déjà une femme, avec une épée…
Un autre héros emblématique du Journal de Tintin : Neige de Convard (Sc.) et Gine (D). Dans un futur proche, l’Europe est devenue une gigantesque prison pour sa population, pour empêcher qu’une terrible épidémie qui y règne, se propage au reste du monde (et n’allez pas vous faire de fausses idées : le premier album de Neige date de 1986). Il y avait eu des albums assez régulièrement jusqu’en 2000, puis un en 2003 et un autre en 2007. Convard avait ensuite créé deux mini-séries préquelles de 3 albums chacune avec d’autres dessinateurs : Neige – Fondation et Neige – Origines. Et enfin, les deux créateurs originaux se sont réunis pour un grand final en deux tomes (et pour qu’il n’y ait aucun doute, il y a bien écrit « fin de la saga… » sur la dernière page).
Ce n’est peut-être pas un mal pour leurs auteurs de contrôler le destin de leur création. Certains l’ont fait de leur vivant (Jacques Martin pour ses personnages d’Alix, Lefranc etc…, Uderzo et Astérix, Rosinski et Thorgal) Dans d’autres cas, ce sont les héritiers qui ont pris la décision (EP Jacobs). Et j’imagine qu’il y a plein de raison pour un auteur que de vouloir continuer. Mais dans ma bibliothèque, il y a aussi la série des Yoko Tsuno (de l’écurie Spirou/Dupuis) écrite et dessinée par Roger Leloup. Déjà l’avant-dernier album m’avait un peu déçue. Le scénario donnait l’impression d’être la combinaison de deux idées mal développées et cousues ensemble pour meubler 46 pages. Et le dernier album renvoie Yoko Tsuno dans l’espace chez les Vinéens, mais l’histoire semble être un copié-collé d’autres albums. Et si les vaisseaux sont toujours dessinés au cordeau, j’ai eu le sentiment que le trait était plus tremblant, moins net, dans les visages des personnages secondaires.
Par loyauté, je continuerai à acheter les albums, mais le temps a vraiment passé depuis le petit bijou qu’était La Frontière de la vie (album N° 7 datant de 1977).
C’est là que j’entends ma mère dire « Il ne faut pas vieillir… » Hélas, elle m’a prévenue trop tard : le processus était déjà enclenché.
Une dernière anecdote pour faire « fin d’année ». Je suis tombée sur un mème sur Twitter qui demande de citer le restaurant où les grandes occasions familiales étaient fêtées, mais dont on a réalisé une fois adulte que c’était loin d’être un trois étoiles.
Mon premier « restau » correspond également à ma première fois au cinéma. A la fin des années 60, j’avais 6 ans. A l’époque, peu de films pour enfants en dehors du dessin animé de Walt Disney pour Noël. Pour moi, ce fut le Livre de la Jungle. Au Grand Rex. Pour les non-parisiens qui ne connaissent pas, le Grand Rex est la plus belle salle de cinéma de la capitale avec une architecture Art Déco à l’extérieur, une décoration en mode « Mille et une nuits » dans la salle sans oublier son plafond façon « nuit étoilée ». Pour cette représentation du Livre de la Jungle, il y a eu probablement une première partie de séance avec court métrage et publicité. Je me souviens surtout de la Féérie des Eaux (spectacle de jets d’eau et de lumières multicolores) et plus encore d’un spectacle de music-hall interprété sur la grande scène du cinéma (il y a une grande scène au Grand Rex). L’artiste était un jeune éléphant (un vrai !) qui savait compter ! Et ensuite le film….
Cela se passait un week-end peu avant Noël en matinée, ce qui veut dire que l’on est sorti du cinéma vers 13 heures. Il y avait donc mes parents, moi (6 ans) et mon petit frère (4 ans). Mes parents décident de chercher à manger sur place (après nous avoir fait la leçon de bien se tenir etc…) Mais les Grands Boulevards, un week-end, peu avant les fêtes… les restaurants étaient pleins. Mon père s’est alors souvenu d’une adresse et dans une petite rue adjacente, nous voila dans un… self-service. Et moi, à l’époque, de voir tous ces plats à disposition, juste à la hauteur de mes yeux, que l’on pouvait choisir comme on voulait, de l’entrée jusqu’au dessert, j’ai trouvé que c’était le summum de la restauration. Je ne me souviens pas de ce que j’ai pu y manger. Le repas s’est passé sans anicroche et nous sommes rentrés à la maison. Les années suivantes, en décembre, il a continué d’y avoir le Disney au Rex, encore la Féérie des Eaux mais plus de numéro de music-hall et je ne sais plus où on pouvait manger.
J’ai eu par la suite de belles sorties et de bons restaus. Mais je crois que s’il était possible de mesurer de façon indépendante le plaisir procuré par ce premier ciné-restau, le résultat serait hors norme.
Sur ce, passez de bonnes fêtes et on se revoit l’année prochaine avec de nouvelles lectures.
That’s all, Folks !
