Bonjour,
J’espère que vous allez tous bien.
Figurez-vous qu’il y a quelques jours, j’ai voulu marquer ma solidarité avec le petit commerce de mon quartier (il s’agissait du libraire/papeterie/marchand de journaux) et que j’en suis ressortie avec le conseil d’aller sur Amazon… (ce qui, je l’avoue, avait été mon premier réflexe). Bon, je n’en tire aucune conclusion : j’aime bien mon marchand de journaux.
Passons au plus important, la lecture.
Avec la disparition des mailing-lists de yahoo!groups, on a pu perdre des alertes de la part d’auteures qu’on aimait bien. C’est le cas de Susan X. Meagher. Ces derniers mois, j’allais sur le site de sa maison d’édition (Brisk Press) quasiment tous les quinze jours pour être sûre de ne as manquer son dernier titre jusqu’au moment où j’ai vu qu’il y avait une newsletter sur le site (qui ne sert qu’à prévenir de la sortie de nouveaux livres) et trois semaines plus tard, tadaaaa, un nouveau SXM : Mosaic (pas de tréma sur le i en anglais).
Je sais que SX Meagher mériterait un article (ou même plusieurs) rien que pour elle. Ou au moins un pour la série « I found my heart in SF » (on en est à la lettre W) et l’autre pour ses autres romans.
Je sais aussi qu’au jeu de « de quel auteur prends-tu les livres sur une île déserte (parce qu’un seul livre, c’est ridicule), elle est dans ma liste. Je peux dire qu’elle est dans mon top 5 et même mon top 3.
Que dire si vous ne connaissez pas cet auteure. Elle écrit des romances en ce sens que les chemins de deux femmes se croisent et finissent qu’à en faire un à la fin. Je trouve que ses romans ont plus de matière, plus d’analyse psychologique. Les situations de ses livres sont variées et on n’a pas l’impression de relire à chaque fois la même intrigue.
Il faut être honnête et reconnaître qu’elle se donne les moyens de fouiller ses personnages et son intrigue puisque ses romans sont, en général, aux alentours de 400 pages quand les livres publiés chez Bella Books ou Bold Strokes Books font 220 pages en moyenne. Chez Ylva Publishing, on semble dépasser les 300 pages. Je me souviens que quand SXM avait encore sa liste sur Yahoo!Groups, elle avait expliqué qu’elle se lançait dans l’aventure de l’auto-édition pour garder sa liberté de création et d’écrire des pavés si le récit l’imposait, se souvenant des difficultés de son premier éditeur à sortir le premier volume de la série IFMHISF (464 pages pour info).
Maintenant, ce n’est pas obligatoirement la tasse de thé de tout le monde. Un livre modèle « Barbara Cartland » ou « collection Harlequin » qui se lit en deux heures, ça a son charme, mais à mon goût, c’est aussi vite oublié que c’est vite lu.
Ce n’est pas le cas de ses livres dont certains m’ont fait réfléchir longuement après avoir les avoir finis. Et j’ai toujours plaisir à en relire un ou deux tous les ans.
Pour revenir à Mosaic, deux jeunes femmes de 30-35 ans cherchent le grand amour, la femme avec qui elles pourront passer leur vie. A l’occasion d’une rencontre professionnelle, elles réalisent qu’il y a peut-être quelque chose entre elle. Un premier rendez-vous réussi, puis un second. Elles semblent cocher toutes les cases. Tout évolue au mieux et elles commencent à parler d’avenir jusqu’à l’arrivée de l’épreuve qui va les obliger à réévaluer qui elles sont et ce qu’elles jugent comme indispensable pour continuer.
OK, je ne vous dis rien dont vous ne vous doutiez pas… Certaines situations donnent lieu à une jolie réflexion sur les liens parents/enfants, parents biologiques et autres dans le cadre de familles recomposées.
Le livre est disponible sur le site de l’auteure (lien plus haut) ou sur Amazon en version papier (14€) et en version électronique (8,40€).
Une autre proposition, mais là, je n’ai pas grand chose à dire sinon que je le commence. Il s’agit de The Ruthless Lady’s Guide to Wizardry de C.M. Waggoner (son deuxième livre – j’irai voir le premier si j’aime bien celui-ci). C’est de la Fantasy. Notre héroïne, qui semble avoir une définition un peu souple de la propriété privée et de la façon de l’acquérir, a quand même un peu de mal à joindre les deux bouts. Elle a l’opportunité de rejoindre une troupe de femmes/gardes du corps pour protéger une jeune femme fortunée avant son mariage. Mais ce qui devait être une promenade de santé, devient soudain plus compliqué avec des adversaires puissants cachés dans l’ombre. Et il lui faudra trouver des alliés pour s’en sortir, et en particulier une autre femme, membre de la même petite troupe.
Pourquoi ai-je acheté ce livre à part le fait qu’il était 3 h du mat’ et que je n’étais pas obligatoirement très réveillée ? J’ai bien aimé le titre et la couverture, et le résumé est intriguant et les premières lignes donnent envie de continuer (vous pouvez tester sur un site comme Amazon où les trois premiers chapitres sont disponibles) J’aurais tendance à insister que vous alliez lire quelques lignes avant de l’acheter si vous étiez tentés car ce livre a son propre vocabulaire avec des mots créés pour cet univers et ça peut être compliqué quand on n’est pas très à l’aise en anglais sans dictionnaire.
Et puis les chapitres ont leur petit résumé. Vous savez sur le mode « Chapitre 1, où l’on rencontre notre héroïne alors qu’elle doit faire un choix décisif… » et ça, je ne résiste pas.
Dans un genre différent, je vous signale une série de romans policiers « les enquêtes de Lady Hardcastle » de T. E. Kinsey, six livres en anglais plus une série spin-off avec un livre publié et un autre annoncé. Cette série a été traduite. Le premier tome est disponible en français et le deuxième tome est annoncé.
Au début du XX° siècle, Lady Hardcastle et sa femme de chambre (pas de subtext) se retirent à la campagne après avoir mené une vie agitée au service de la Couronne. Mais la vie à la campagne semble plus trouble qu’on pourrait le croire et Lady Hardcastle et sa fidèle Flo vont devoir mettre en œuvre tous leurs talents pour déjouer meurtres et conspirations.
J’ai adoré cette série et j’ai dévoré les six romans. L’auteur a fait ses recherches (et n’hésite pas à les partager à la fin des romans ou sur son site) et il n’y a pas d’anachronisme, sinon l’amitié entre Lady H et sa femme de chambre (au pays de Downton Abbey). L’auteur explique sur son site comment il en est arrivé à cet élément central de ses romans. Et comme vous le savez sûrement, dans les romans anglais, quand vous avez le titre et l’argent qui va avec, vous avez le droit d’être délicieusement excentrique.
Enfin, le fait est que ça fonctionne, que c’est écrit correctement, que c’est plutôt léger et ça fait passer un bon moment. Quand j’ai vu que c’était traduit en français, je l’ai conseillé à ma mère qui a adoré (et elle a lu encore plus de policiers anglais que moi alors…)
Dernière recommandation, un manga publié chez Akata (maison d’édition dont je vous parlais rapidement la dernière fois), Autour d’elles de Shino Torino. Il comprend six volumes et quatre sont déjà sortis.
La présentation de l’éditeur : A la faculté, Michiru et Maya étaient en couple. Mais la vie les a séparées… Cinq ans après la disparition de Michiru, la jeune femme refait son apparition. Elle est depuis devenue mère célibataire. Les deux femmes, toujours attachées l’une à l’autre, décident de vivre à nouveau ensemble. Mais pas question de redevenir « concubines » : elles veulent rester de simples colocataires… Commence alors un nouveau quotidien pour Maya, Michiru et Yûta, son fils, entre vie professionnelle, affective et éducation.
J’aime bien le style graphique, manga, mais avec un petit truc en plus. C’est réaliste et l’histoire avance doucement (même si parfois, on a envie de les secouer).
Akata a vraiment le chic pour trouver des titres qui sortent de l’ordinaire. Ils ont pas mal de récits avec une touche plus ou moins marquée de fantastique. Ils ont un certain nombre de titres LGBT, plus souvent gay que lesbien, mais ça peut changer. Je vous invite vraiment à consulter leur catalogue. Ils sortent ce mois-ci un manga de SF, Wombs, et je suis vraiment en train de me demander si je me laisse tenter ou non.
En attendant la prochaine fois, je vous souhaite de bonnes lectures.
That’s all, Folks !